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Le « terrible two », qu’est-ce que c’est ?

Votre enfant a 2 ans et multiplie les crises de colère ? Pas toujours évidente à vivre pour la famille cette phase est pourtant nécessaire au bon développement des bébés. Une experte vous éclaire.

 

Le passage aux 2 ans de l’enfant n’est pas toujours facile. Entre les crises de colère, les « nons » à répétition et les sautes d’humeur ingérables, cette période orageuse peut être compliquée à vivre pour la famille.

« C’est usant, épuisant. On est démuni, on ne sait pas comment agir, comment améliorer la situation », nous confie Emelyne, sophrologue et maman d’un petit garçon de 3 ans qui, depuis plus d’un an, traverse sa crise des 2 ans.
 

La voie vers l'autonomie

Ce que l’on appelle le « terrible two » caractérise le passage à un besoin fort d’autonomie revendiqué par l’enfant, qui tente de pousser toutes les limites auxquelles il fait face. Loin d’être anormale, cette étape n’est pas à voir d’un mauvais œil.

Ce passage à l’autonomie constitue une période charnière pour le développement de l’assurance de l’enfant qui, lorsqu’il réussit une tâche seul, en tire une certaine fierté. Néanmoins, ce besoin fort d’indépendance peut s’accompagner d’émotions vives et de frustrations difficilement gérables pour votre enfant ce qui explique les crises de colère, les « caprices », et les refus d’autorité.


« L’enfant envahi par ses émotions »

Autour du 18ᵉ et 24ᵉ mois d’un bébé, advient un moment clé pour le développement de son cerveau qui entre dans une phase de maturation. Or, sur le plan de la gestion émotionnelle, certaines zones sont encore immatures engendrant alors des débordements d’humeurs plus ou moins intenses.

« Quand l’enfant fait une colère, c’est qu’il est envahi par une émotion », nous explique Catherine Pierrat, psychologue. Elle ajoute qu’à cet âge-là, « l’enfant prend conscience du pouvoir qu’il a sur son environnement. Il s’aperçoit que quand il fait une colère, notamment dans un lieu public, ça fait réagir les parents. »

Pour Emelyne, les premières crises de son fils ont été difficiles à appréhender : « On est face à un enfant qui va taper des pieds, qui passe de la colère à la terreur. La terreur, on la voit sans ses yeux parce qu’il ne gère pas du tout ce qu’il se passe ».

Au-delà de ces crises, si votre enfant vous dit « non » constamment « c’est parce qu’il vous imite » traduit Catherine Pierrat. « Posez-vous alors la question : combien de non avez-vous dit à votre enfant dans la journée ? On leur dit non en permanence ».


 
Comment gérer ces crises ?

« Ce qui a marché pour nous, c’est de reconnaître son émotion. En général c’est de la frustration et de la déception dont il est question. On lui laisse alors le temps d’exprimer cette émotion et ensuite on lui explique que ça va être difficile de se calmer tout seul et que nous, on est là pour l’aider ».

Ainsi, pour Emelyne, aider son fils à nommer ses émotions permet de surmonter plus facilement une crise. « C’est exactement ça » confirme la psychologue en ajoutant que les adultes doivent eux aussi montrer à leur enfant qu’ils ressentent des émotions et que c’est normal. « On doit proposer des solutions à la hauteur de l’enfant ».

Quoi qu’il en soit, tous ces comportements sont normaux et ne sont pas dramatiques. C’est l’âge où le cerveau entre en phase de maturation. C’est d’ailleurs au cours du 24ᵉ mois qu’un médecin doit effectuer un examen approfondi de votre enfant et établir son troisième certificat de santé obligatoire.

 

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