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Adoption : une histoire vraie à raconter dès le départ

 

Son adoption fait partie intégrante de la vie et de l’histoire d’un enfant adopté. C’est pourquoi il doit le savoir le plus tôt possible, sans effet d’annonce. Pourquoi et comment s’y prendre ? Explications.

 

« On n’annonce jamais à un enfant qu’il a été adopté », affirme d’emblée Anne Pérot, psychologue clinicienne et bénévole formatrice au sein de la fédération Enfance et Familles d’Adoption (Efa) 68 (Haut-Rhin). Autrement dit, « l’enfant doit être élevé de manière à ce que cela fasse naturellement partie de sa vie. » Un processus qui peut être complexe à instaurer face à un enfant conçu ou né dans un contexte difficile. Et pourtant. 

 

Toute la vérité

Les parents de Louna, aujourd’hui âgée de 12 ans, l’ont adoptée lorsqu’elle avait 3 mois : « La séparation était difficile, surtout le soir. On lui parlait calmement, lui disant qu’elle était maintenant avec nous et que c’était pour toute la vie. Des mots que nous lui répétons dès qu’elle en a besoin, en plus de nous montrer particulièrement présents. » Pour connaître son passé, Louna a pu aussi parcourir son album photo, remis par l’une des pouponnières où elle a séjourné : « Un support sur lequel nous nous sommes beaucoup appuyés pour lui raconter son histoire », relate sa mère adoptive. 
« Les détails sont à adapter en fonction de l’âge de l’enfant et de ses questions. Et pas forcément donnés tout de suite, s’ils sont difficiles », nuance Anne Pérot. « L’essentiel est de ne jamais lui mentir. S’il est encore petit et pose une question difficile, ses parents adoptifs peuvent lui donner les informations au fil des ans. »
Poser toutes ses questions librement et autant de fois qu’il le souhaite, est primordial : « L’enfant ne doit pas rester avec ses questionnements, dont aucun ne doit être tabou. Si la question tombe à un moment où le parent est indisponible, il doit l’en informer et lui préciser qu’il y répondra après son travail, par exemple. » 
Autre élément essentiel à l’épanouissement de l’enfant adopté : « Rester bienveillant vis-à-vis des parents biologiques, même s’il y a eu violence. C’est important de ne jamais mal parler d’eux devant l’enfant et de lui préciser qu’il n’est pas responsable. » Car la protection de l’enfant reste le plus important.

 

Parents adoptifs : des ressources sur lesquelles s’appuyer

À commencer par des livres, dont certains sont accessibles dès 2 ans : l’enfant peut notamment s’identifier à des animaux attachants. Sans oublier les associations, en particulier l’Efa propre à chaque département. Ces structures permettent aux enfants adoptés de se rencontrer et d’ainsi normaliser leur situation ; en plus d’apporter une aide adaptée à leurs parents.  
Multi-active au sein de l’Efa de son secteur, Anne Pérot recommande d’ailleurs aux futurs parents de se former à leur rôle naturellement atypique : « La parentalité adoptive est, par définition, à risque. Un enfant adopté arrive forcément avec la blessure d’au moins un abandon. Il n’est pas comme les autres d’emblée. Mais plus les parents sont préparés, ouverts à la perspective de normaliser l’histoire de leur enfant et de répondre à ses questions, moins l’adoption est un motif de difficulté, y compris à l’adolescence. »

 

Pour aller plus loin : 


« Adoption » sur le site officiel du Service Public
  
« Accompagner et écouter les familles » sur le site de l’EFA 

« Vous et votre enfant » sur le site de l’Agence française de l’adoption
 

 

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