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Malvoyant ou non-voyant : un chien guide à vos côtés

Jusqu’à dix années voire plus : la relation d’une personne malvoyante avec son chien-guide est une histoire d’aide et d’amitié au long cours. Qui peut en obtenir un ? Quelles sont les démarches à effectuer ? Les réponses d’une maîtresse de chien guide.

 

Suzanne Castillo est atteinte d’une dégénérescence de la rétine et malvoyante. Secrétaire générale adjointe de la Fédération française des associations de chiens guides d’aveugles (Ffac), elle en est à son 7e chien guide. Sa préférence va aux grands caniches royaux, même s’ils sont délicats et nécessitent plus d’entretien que les labradors et golden retrievers. Les deux espèces, rustiques et robustes, parmi lesquelles se recrutent 95 % des chiens guides d’aveugles.


Motivé pour le compagnonnage


« Vivre avec un chien guide me permet tout simplement de vivre comme tout le monde, explique Susanne. De pouvoir faire mes courses seule, de me rendre dans des endroits que je ne connais pas, mais aussi de faire des rencontres sur mon parcours ! Mon chien est aussi un ami : un chien ordinaire avec lequel j’entretiens une relation de jeu, de partage… »

Quiconque, parmi les personnes malvoyantes ou non-voyantes, souhaite obtenir un chien guide peut y prétendre. Cela quel que soit son mode de vie : plutôt sédentaire ou plus aventureux. Il faut néanmoins, pour cela, être en capacité de s’en servir. C’est-à-dire pouvoir marcher et avoir un minimum de réflexes pour se repérer et s’orienter dans l’espace. Il faut aussi être motivé par le compagnonnage avec un chien : la demande doit donc émaner de l’utilisateur, pas de sa famille !


Une acclimatation mutuelle


Sur le plan national, trois centres d’élevage et dix-sept centres d’éducation affiliés à la Ffac assurent l’éducation des chiens guides, avec une école spécialisée dans l’éducation des chiens pour les mineurs de plus de 12 ans.

Pour obtenir un chien guide, il faut en faire la demande auprès d’une école, par courrier ou via un formulaire en ligne. Outre le dossier administratif à remplir, un dossier médical, confidentiel, doit parfois être fourni sur les capacités physiques du demandeur.
Le choix du chien se fait avec l’éducateur du centre, qui connait parfaitement chaque animal. Le bon chien est celui dont le caractère correspond au profil du demandeur : plutôt calme pour une personne âgée, plus joueur et vif pour une personne plus jeune, par exemple. 

Un stage de remise de 2 semaines est organisé pour permettre une acclimatation mutuelle dans l’environnement quotidien de l’utilisateur : son lieu de vie, ses parcours habituels… `


Pas d’obstacle financier


« Tout ce que le chien aura fait correctement une fois sera bien fait ensuite, explique Suzanne. Un chien guide n’obéit qu’aux ordres de son maître. Il ne descend a priori jamais d’un trottoir sans ordre. Mais il faut pouvoir lui faire confiance en cas d’imprévu : une terrasse de café ou des travaux sur un trottoir obligeant à descendre sur la chaussée par exemple. »

Le chien guide est remis gratuitement à la personne déficiente visuelle qui en fait la demande. « Le chien guide n’a pas de prix, mais il a un coût : 25 000 euros pour l’école qui l’élève et assure son éducation, tient-elle à rappeler. Nous tenons beaucoup à cette gratuité, garante de l’égalité devant le handicap. L’utilisateur n’a à sa charge que l’entretien du chien. »

 

Pour aller plus loin

 

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« Handicap : complément Aeeh ou Pch, que choisir ? »

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