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Harcèlement au travail : réagir au plus vite

Malgré une prise de conscience collective, le harcèlement dans la vie professionnelle provoque chaque jour encore trop de souffrances. Des solutions existent pour le prévenir et le dénoncer. Décryptage.

 

La principale conséquence d’un harcèlement au travail est la perte de l’estime de soi, le sentiment de culpabilité (« qu’est-ce que j’ai fait de mal ? »), la peur au ventre d’aller travailler. Mais les troubles causés par une telle situation peuvent être plus graves, allant parfois jusqu’à un syndrome de stress post-traumatique.

« Ce sont des phases d’alerte avec des formes cliniques diverses comme les troubles du sommeil, l’anxiété, l’augmentation des addictions, le désengagement social… », résume Lionel Cagniart-Leroi, psychologue du travail et membre du réseau national de consultation Souffrance et Travail.


Repérer les situations

Attendre pour réagir revient à s’exposer davantage, jusqu’à laisser des séquelles durables et compromettre la suite d’une carrière. D’où la nécessité d’identifier les situations de harcèlement le plus rapidement possible. « Dès lors que les savoir-faire sociaux disparaissent au sein de l’entreprise (dire "bonjour", "merci", couper la parole…), les choses peuvent très vite dérailler », prévient le psychologue. Ce peut être un supérieur hiérarchique qui accable de travail un subordonné sans limites, le dénigrement systématique, le fait d’être « mis au placard » ou de recevoir des injonctions contradictoires*… 

Répétés, ces agissements sont passibles de deux ans de prison et 30 000 euros d’amende. La victime a parfois du mal, pourtant, à mesurer la gravité de la situation. Son entourage peut alors jouer un rôle clé. « La prise de conscience du harcèlement que l’on subit passe souvent par l’étonnement d’un collègue, d’un proche, ou encore du médecin du travail qui pourra constater le malaise psychique et physique et agir auprès de l’employeur parfois lui-même démuni », souligne-t-il.


Comment réagir ?

Une fois le problème identifié, il est nécessaire de bien s’entourer en sollicitant sa hiérarchie, par exemple, les représentants du personnel, un psychologue, un avocat ou une association comme Souffrance et Travail qui propose un accompagnement spécialisé. « Je recommande aussi aux salariés de connaître les grands principes de la législation qui les protège au sein de l’entreprise, ceux de la Directive européenne de 1989 et particulièrement les Accords-cadres de 2004. L’employeur a l’obligation de déclencher une enquête interne et de prendre des dispositions pour vous protéger », rappelle l’expert.

Il peut s’agir également de prendre des notes sur ce que l’on subit : « Un ou des collègues mal intentionnés ont agi de tels manières, ou n’ont pas réagi [ce qui peut être aussi délictuel] », recueillir des attestations de collègues ou le témoignage d’anciennes victimes qui ont connu une situation similaire… Ces éléments permettront d’appuyer son récit en cas de procédure. « Changer soi-même de regard et d’attitude à l’égard d’un système défaillant évite que les situations de harcèlement ne s’installent durablement », confirme-t-il enfin.

 

*De nombreux exemples de harcèlement moral sont présentés sur le site souffrance-et-travail.com.

 

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