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Fausse couche : en parler pour se reconstruire

Les fausses couches sont parfois banalisées par le corps médical parce qu’elles causent rarement des séquelles physiques. La souffrance psychologique est pourtant réelle, d’où la nécessité de l’exprimer.

 

Environ 20 % des grossesses n’arrivent pas à leur terme les premières semaines. Même s’il est relativement fréquent, cet événement reste bouleversant pour de nombreuses femmes, qui peinent parfois à trouver l’écoute et la compréhension dont elles auraient besoin pour surmonter cette épreuve.

« Comme il est rare que la fausse couche ait des conséquences graves sur le plan physiologique, le corps médical peut parfois, sans le vouloir, avoir tendance à la banaliser. Pourtant, elle a souvent de véritables conséquences psychologiques, dont certaines nécessitent une prise en charge », explique Adélaïde Squiban, psychologue spécialisée en périnatalité au sein de l’association Etapp (Espace thérapeutique d’accompagnement de la période périnatale).
 

Choisir le bon interlocuteur

Pour la psychologue, il est important d’accueillir ses émotions ou ses sentiments sans jugement. « Nous essayons de ne pas "normer" ce que doivent vivre ou ressentir les femmes après une fausse couche. Nous leur conseillons d’accueillir ce qui vient : chagrin, colère, honte, peur de ne pas réussir à être enceinte, ou même, parfois, soulagement si la grossesse n’était pas désirée. Il est nécessaire de les autoriser à vivre ce qu’elles ont à vivre », insiste Adélaïde Squiban, qui relate entendre trop souvent dans son cabinet la culpabilité de ressentir ou non tel ou tel sentiment.

Les conséquences psychologiques sont différentes en fonction du stade de la grossesse, de l’histoire de la femme, mais dans tous les cas, pour la psychologue, il est indispensable de bien choisir les personnes à qui on décide d’en parler.

« Ce n’est bien sûr pas toujours le cas, mais un conjoint n’est pas forcément le meilleur interlocuteur, car pour lui, à ce stade, la grossesse est quelque chose d’abstrait », observe Adélaïde Squiban. Une écoute compatissante peut venir d’un professionnel, d’une amie ou même d’un membre de la famille qui a déjà vécu cette épreuve.
 

Des gestes symboliques

Dans tous les cas, « une écoute sans jugement est cruciale dans le processus de deuil, car elle autorise et "valide" le ressenti ». Il est tout aussi nécessaire que les femmes prennent le temps de « digérer » l’événement, et laissent leur corps reprendre son rythme. « N’hésitez pas à demander un arrêt de travail si vous sentez que c’est nécessaire, et à vous donner le droit de souffler », conseille Adelaïde Squiban.

Et quand l’événement est trop difficile à accepter, la psychologue a établi une petite liste de gestes symboliques, comme donner un prénom, organiser une cérémonie, écrire un poème, avoir un petit objet de recueillement, ou même une sépulture. « Tout ce qui peut aider à vivre le deuil doit être permis », conclut la psychologue.
 

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