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Des épiceries pour lutter contre la précarité alimentaire

Pour éviter le gaspillage alimentaire et soutenir les personnes fragilisées, de nombreux dispositifs d’aide alimentaire se sont développés. Les épiceries sociales et solidaires permettent une offre alimentaire de qualité et le respect de la dignité.

 

Près d'un milliard de tonnes de nourriture est gaspillé chaque année dans le monde, soit l'équivalent de près de 20 % des aliments disponibles pour les habitants de la planète*. « Une catastrophe quand on sait qu’en parallèle, des centaines de milliers de personnes sont en insécurité alimentaire », s’insurge Yann Auger, directeur général de l’Association nationale de développement des épiceries solidaires (Andes).

En France, la crise sanitaire a fortement aggravé cette précarité chez ceux qui s’y trouvaient déjà, tout en y faisant basculer de nouvelles personnes (travailleurs pauvres, familles monoparentales, étudiants…). Une situation qui a mis en évidence l’importance des dispositifs d’aide alimentaire, notamment les épiceries sociales et solidaires, dont les AGORAé à destination des étudiants.
 

Le soutien des institutions

Portées par des associations ou des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (Ccas/Cias), ces épiceries sont désormais encadrées par une charte nationale élaborée par la Direction générale de la cohésion sociale (Dgcs) du ministère des Solidarités et de la Santé. Leur budget (environ 80 000 euros par an en moyenne) est financé par de nombreuses institutions publiques   Etat, collectivités locales, et le cas échéant  par les caisses d’Allocations familiales (Caf) et les caisses primaires d’Assurance maladie (Cpam) et privées (entreprises, industries agroalimentaires, grande distribution…).

En général, 60 % du stock provient de dons directs (supermarchés, banques alimentaires, chantiers d’insertion). Les 40 % restants sont achetés par les épiceries afin de proposer une offre complète à leurs clients (soit 30 à 40 % du budget moyen des épiceries).
 

Une mission sociale

D’apparence classiques, ces épiceries sont réservées à des publics orientés par les services sociaux sur la base de critères de ressources. Ils peuvent y acheter à bas prix (entre 10 et 30 % de leur valeur réelle) des produits variés, et ce pendant un temps limité (plusieurs mois renouvelables, avec parfois un délai entre les demandes).

« Une participation financière essentielle, car elle confère aux bénéficiaires le sentiment d’être des consommateurs comme les autres », souligne Alexandra Varoli, directrice générale de l’association Zoé à Saint-Raphaël et ambassadrice Andes dans le Var. « En plus de l’aide alimentaire, nous avons une vraie mission sociale, ajoute-t-elle. Nous organisons régulièrement des ateliers thématiques autour de l’esthétique, des relations parents-enfants… Et nous avons ouvert une friperie, un jardin partagé et bientôt un café solidaire. » Un lieu d’accueil, d’écoute et d’échanges, où la convivialité est de mise.

* Source : « Rapport sur l’indice du gaspillage alimentaire » (en anglais) publié en 2021 par le Programme pour l’environnement (Pnue) des Nations unies et l’ONG britannique Warp
 

 

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