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Crise suicidaire : un numéro pour oser en parler, le 3114

Souffrance, idées noires de plus en plus envahissantes… les crises suicidaires provoquent chaque année en France entre 150 000 et 200 000 tentatives de suicide. Pour surmonter cet état temporaire et réversible, un numéro national existe : le 3114.

 

Chaque année, 9 000 Français mettent fin à leurs jours. C’est trois fois plus que les personnes décédées suite à un accident de la route. Pour mieux lutter contre ce problème de santé publique, peu mis en avant car tabou, un numéro national de prévention du suicide a été déployé : le 3114. Au bout du fil, des professionnels de santé – infirmiers et psychologues – apportent une réponse immédiate aux personnes en détresse psychologique. « Les gens racontent tout : colère, intimité, image de soi... Elles partagent enfin leur souffrance », témoigne le Dr Christophe Debien, psychiatre au Chu de Lille et chargé du déploiement du numéro national. Car parler de ses idées suicidaires à son entourage est souvent une épreuve insurmontable : « La majorité des personnes ne veulent pas les inquiéter. Avec bienveillance et sans jugement, nous leur accordons toute l’attention nécessaire ».


Ne pas attendre

La crise suicidaire s’exprime de différentes manières : elle peut débuter par une baisse de l’estime de soi, puis par une grande souffrance, jusqu’à ne plus penser qu’au passage à l’acte. « Une personne qui a des idées suicidaires n’a pas forcément envie de mourir. Elle veut juste faire arrêter sa souffrance et la mort apparaît pour elle – à tort – comme le seul moyen de trouver une issue à cet état de crise », explique le psychiatre. D’où la nécessité d’oser en parler pour avoir un autre regard sur ses difficultés et identifier des solutions pour y faire face. « La crise suicidaire évolue dans une durée plus ou moins longue de six mois. C’est important, cela veut dire que nous avons le temps de la désamorcer ».

 


Briser l’isolement

Au final, c’est souvent un acte anodin – une goutte d’eau – qui déclenche le passage à l’acte. Une mauvaise note, la remarque d’un proche… « Il y a une accumulation de souffrances physiques, psychiques et sociales. On sait notamment que l’isolement joue un rôle déterminant. Or, appeler le 3114, c’est déjà le rompre », insiste le Dr Christophe Debien.
Confidentiel et gratuit, le dispositif propose de mettre en place des solutions adaptées à chaque cas : « Nous abordons la situation générale de la personne. Si besoin, nous lui proposons de la mettre en relation avec les acteurs de soins de son territoire et de l’accompagner dans ses démarches ». Une aide qui vaut aussi pour les familles et les professionnels de santé. « Proches, médecins et enseignants sont en première ligne. Le numéro a pour objectif de permettre à chacun de se renseigner sur les signes qui doivent alerter et de trouver de l’aide », conclut le spécialiste.

 

Pour aller plus loin : 

3114 : numéro national de prévention du suicide (appel gratuit), accessible 24h/24 et 7j/7


« Crise suicidaire : agir avant la tentative de suicide » sur le site de l’Assurance maladie

« Que faire et à qui s’adresser face à une crise suicidaire ? sur le site du ministère de la santé et de la prévention » sur le site du ministère de la Santé et de la Prévention

« La crise suicidaire : reconnaître et prendre en charge » sur le site de la Haute autorité de santé
 

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