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Comprendre le dépistage du papillomavirus en 3 questions

INTERVIEW. Pour prévenir les risques du cancer du col de l’utérus, le frottis de dépistage est impératif. Explications avec Cécile Badoual, chef du service d’anatomie pathologie à l’Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris.

 

Vies de famille : Qu’est-ce que l’infection au papillomavirus humain (Hpv) ?

Cécile Badoual : Il s’agit d’une infection qui peut être cutanée (verrues sur la peau) ou se situer au niveau des muqueuses. Cette dernière est généralement sexuellement transmissible. Elle est très fréquente, même lorsqu’un rapport est protégé par un préservatif. 80 % de la population est en effet contaminée par un papillomavirus humain au cours de sa vie.

Si la plupart de ces infections disparaissent spontanément, elles persistent chez un très faible pourcentage de personnes. C’est la persistance de ce virus qui peut provoquer des lésions précancéreuses, qui si elles ne sont pas traitées, peuvent évoluer vers un cancer environ dix à vingt ans après l’infection.
 

En France, le taux de dépistage du papillomavirus chez les femmes – d’environ 60 % – reste insuffisant. Pourquoi est-il important de se faire régulièrement dépister ?

En France, les papillomavirus sont responsables de 3 000 cancers du col de l’utérus et sont la cause d’environ 1 100 décès chaque année. On considère que 90 % de ces cancers pourraient être évités grâce aux tests de dépistage.

Ces derniers permettent de détecter la présence d’un portage chronique d’un papillomavirus et d’éventuelles lésions précancéreuses, afin de les traiter avant qu’elles ne se transforment en cancer. Ils sont donc essentiels, même si l’on a été vaccinée. Comme pour tous les vaccins, celui contre le Hpv ne fonctionne pas à 100 %, et il ne couvre pas tous les sous-types qui peuvent être à l’origine d’un cancer du col de l’utérus, du vagin et de la vulve.
 

En quoi consiste ce dépistage ?

Il s’agit d’un test non douloureux fait lors d’un examen gynécologique, durant lequel on effectue une recherche d’Hpv et un frottis cervico-utérin. Ce dernier consiste à prélever des cellules au niveau du col de l’utérus. En fonction de l’âge, les techniques de dépistage sont différentes. Entre 25 et 29 ans, beaucoup de femmes sont porteuses d’un Hpv sans qu’il ne soit nécessairement associé à une lésion précancéreuse. Pour ne pas les alarmer sans raison, on réalise directement un examen cytologique (frottis), qui vise à dépister des lésions précancéreuses ou cancéreuses du col utérin.

A partir de 30 ans, le dépistage correspond d’abord à un test Hpv-Hr*, qui cherche cette fois-ci un portage chronique de l’infection. Cela signifie que des femmes seront informées qu’elles sont porteuses Hpv-Hr, mais ce portage peut être suivi d’une guérison, d’un simple portage ou évoluer vers des lésions précancéreuses.

Si le résultat du test de dépistage est positif, un examen cytologique est alors réalisé. En fonction des résultats, votre médecin vous indiquera les éventuels examens complémentaires à réaliser.

* Depuis le 24 mars 2020, le test Hpv est remboursé par l'Assurance maladie pour les femmes de 30 à 65 ans
 

Pour aller plus loin

« Dépister le cancer du col de l’utérus » sur le site de l’Assurance maladie

« Comment se déroule un frottis du col utérin ? » sur le site de l’Assurance maladie

« Papillomavirus humains (Hpv) et cancer du col de l’utérus » sur le site du ministère des Solidarités et de la Santé
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