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Phobie universitaire : les clés pour la mettre à terre

Ce matin, Pauline est encore malade. Maux de tête, douleurs abdominales, troubles du sommeil, vomissements et crises de panique rythment son quotidien. H-1 avant son premier cours. Le stress est à son comble...

À 20 ans, cette étudiante en droit souffre de phobie scolaire. Ce trouble anxieux s’exprime par une incapacité à se rendre sur son lieu d’apprentissage. Un fardeau qui met en péril sa scolarité depuis une dizaine d’années et a bouleversé la vie de sa famille. Sa mère, Odile Mandagaran, a quitté son poste de responsable des ressources humaines pour prendre la tête de l’association Phobie scolaire (Aps) et accompagner les jeunes concernés à retrouver le plaisir d’apprendre. Selon une étude américaine, 25 % des élèves y seraient confrontés au moins une fois au cours de leur scolarité
 

Prévenir, c’est guérir ?

« Les premiers symptômes apparaissent généralement au collège, parfois même dès la maternelle, mais rarement après le lycée », indique-t-elle. Ils peuvent ensuite refaire surface lors d’étapes décisives, telles qu’un déménagement, un premier emploi ou encore l’entrée à l’université.

En effet, si de nombreux jeunes se réjouissent à l’idée de quitter le cocon familial et de prendre leur envol, ceux qui souffrent d’un refus scolaire anxieux peinent à couper le cordon, effrayés par la peur de l’échec ou encore le passage à l’âge adulte et les responsabilités que cela implique.
 

Une prise en charge précoce pour combattre ce fardeau

« La plupart d’entre eux aiment apprendre mais, à un moment donné, font une sorte de burn-out scolaire, observe Odile Mandagaran. Tel un cheval qui se braque devant un obstacle, ils sont incapables de franchir le seuil de l’établissement. »

Si l’origine est multifactorielle, le principal responsable reste, selon elle, le harcèlement scolaire. « Souvent, ces jeunes ont été la cible d’humiliations et de discriminations en raison de leur différence : apparence jugée atypique, précocité, hyperactivité, troubles des apprentissages (dys), de l’attention ou autistiques..., explique la spécialiste. La répétition de ces évènements, couplés à une hypersensibilité, provoquent une perte de confiance, un isolement et parfois un stress post-traumatique qui peut durer sur le long terme. »

La clé pour rompre ce cycle infernal ? La prévention. Selon elle, une prise en charge précoce permet de « passer les différents caps avec plus d’aisance et moins d’appréhension et surtout de soulager le jeune avant que la phobie ne s’installe ».

Bilans, suivi psychologique ou psychiatrique pour dépasser ses angoisses, séances de sophrologie pour apprendre à gérer ses émotions... Un médecin traitant vous aidera à trouver la solution adaptée.

« À l’université, la prise en charge de cette affection psychologique est excellente », assure Odile Mandagaran qui constate « une formation plus approfondie que dans le secondaire ». Rapprochez-vous du pôle santé et de la mission handicap pour bénéficier d’aménagements pédagogiques. En attendant, n’hésitez pas à vous tourner vers des associations spécialisées pour prendre part à des groupes de paroles et faire le plein de conseils.
 

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