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L’entretien prénatal précoce : un soutien pour les parents

Systématiquement proposé aux femmes enceintes depuis 2006, mais trop peu réalisé, l’entretien prénatal précoce (Epp) est devenu obligatoire en 2020. Le point sur cet espace de parole et de liberté pour le couple.

 

Pris en charge à 100 % par l’Assurance maladie, sans avance de frais, l’entretien prénatal précoce (Epp) se déroule généralement au cours du 4e mois de grossesse, lorsque le risque de fausse-couche a nettement diminué. « C’est un moyen de faire le point sur la santé de la future maman, mais aussi de prendre le temps d’évaluer les éventuelles difficultés familiales, sociales ou psychologiques auxquelles elle pourrait être confrontée, et d’orienter si nécessaire vers une prise en charge adaptée », souligne Chantal de Vitry, sage-femme en Pmi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis).

 

Un lieu d’écoute

Différent d’un examen médical de suivi de grossesse, cet entretien est un temps d’échanges de 45 minutes à 1 heure, entre les futurs parents et le professionnel de santé : une sage-femme ou un médecin, généraliste ou gynécologue. La future maman peut notamment se renseigner sur les séances de préparation à l’accouchement, évoquer le projet de naissance et la manière dont le couple se projette dans la parentalité

« Pour ma part, j’ai eu besoin de parler de mes angoisses quant au risque d’accouchement prématuré. En tant que pâtissière, je travaille debout, et j’avais besoin d’être rassurée sur les possibilités d’aménager mon poste le temps de ma grossesse », raconte Carla, enceinte de son premier enfant. 

Chacun est libre de parler à sa guise et d’aborder les sujets qui lui tiennent à cœur et poser toutes les questions nécessaires. La future maman peut d’ailleurs venir seule ou accompagnée de son conjoint.

 

Exprimer ses angoisses

Certains futurs parents ont beaucoup de questions sur les aspects plus médicaux ou techniques du suivi de grossesse, ou sur le déroulement de l’accouchement. D’autres axent la conversation sur les angoisses qu’ils peuvent légitimement ressentir face à cette grande aventure qu’est la parentalité. 

« L’Epp est justement l’occasion de les exprimer, en se confiant sur son passé, son état émotionnel, ses antécédents familiaux. Autant d’informations qui nous permettent d’établir un suivi personnalisé afin d’accompagner au mieux les futurs parents », explique la sage-femme. « J’ai été soulagée de pouvoir parler de certains traumatismes qui ont resurgis au moment de ma grossesse. Parler avec une professionnelle expérimentée et à l’écoute m’a beaucoup rassurée », ajoute Carla.

 

Un dispositif renforcé

Aujourd’hui, deux dispositifs plus actuels viennent compléter l’Epp. La loi Rist du 26 avril 2021 insère dans le code de la Sécurité sociale un article qui prévoit d’autoriser l’assurée à déclarer le nom de sa sage-femme référente afin de favoriser la coordination des soins avec le médecin, pendant et après la grossesse
La Chambre des députés et le Sénat ont validé en novembre 2021, et inscrit au plan de financement de la Sécurité sociale en 2022 la mise en place au 1er juillet d’un entretien postnatal 4 à 6 semaines après l’accouchement. Il a pour but de faire le point sur l’accouchement, ses suites, et dépister au plus tôt une éventuelle dépression post-partum, 2e cause de mortalité chez les mères dans l’année qui suit leur accouchement. De quoi améliorer encore l’accompagnement des jeunes parents.

 

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