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Benoît Le Goëdec : « Etre papa, ça s’apprend ! »

INTERVIEW. Père de cinq enfants, Benoît Le Goëdec fait partie des premiers hommes en France à être devenu sage-femme. De son expérience professionnelle est née l’envie d’aider les pères à trouver leur place pendant et après la grossesse.

 

À l’occasion de la publication de la troisième édition du livre Bientôt Papa*, Vies de famille a pu rencontrer Benoît Le Goëdec, son co-auteur (avec Lionel Paillès). Il milite pour que les pères se préparent à l’arrivée d’un enfant, et confie qu’être parent est, pour lui, « le plus beau rôle » de sa vie.

Vies de famille : Pourquoi avez-vous décidé de faire le métier de sage-femme ?

Benoît Le Goëdec : La profession de sage-femme a été ouverte aux hommes en France en 1982. Je me suis dit que ce métier correspondait à ce que je voulais faire : avoir des responsabilités en rapport avec la médecine, mais aussi m’occuper de la naissance. Je me suis donc lancé dans ces études de maïeutique**, presque naturellement. Je faisais partie des dix premiers hommes sages-femmes en France. Quand j’ai commencé, les sages-femmes étaient réticentes à l’idée qu’un homme puisse exercer ce métier, considéré comme un « métier de femmes ». Les patientes ont été surprises au début, mais très vite la confiance s’est installée. Désormais c’est de plus en plus accepté.
 

Pendant l’exercice de votre profession, vous avez remarqué qu’on n’accordait pas assez de place aux pères pendant et après la grossesse. Pourquoi selon vous ?

La première chose qui m’a frappé, c’est que personne n’accordait d’importance aux pères dans la salle de naissance. Ils étaient là, presque gênés, sans savoir quoi faire et sans que personne ne s’adresse à eux. Heureusement cela a changé ! Mais ce qui ne change pas, c’est la place accordée aux hommes dans le parcours périnatal. Il est compliqué pour les pères de trouver des interlocuteurs qui peuvent leur donner des réponses.

En tant que sage-femme, j’ai très peu de pères qui viennent spontanément vers moi pour un entretien individuel, car ils ne se sentent pas légitimes. Or ils le sont ! J’ai toujours été attentif à la place de l’homme dans la parentalité et encore plus depuis que j’ai initié les groupes de parole entre pères depuis plusieurs années. Pouvoir parler entre papas ou futurs papas, poser des questions, confier ses inquiétudes, c’est très important. Etre père, ça s’apprend !
 

Vous avez pu observer des évolutions concernant la paternité. Quels progrès restent-il à faire ?

Les pères sont de plus en plus présents au moment de la naissance et après l’accouchement. Le congé paternité est aussi un véritable progrès. Mais il faut inclure davantage les pères dans le parcours périnatal, c’est-à-dire s’adresser plus à eux pendant les visites prénatales, la préparation à la naissance, et pendant l’accouchement. C’est aussi l’occasion de faire de la prévention auprès des hommes sur des sujets comme le syndrome du bébé secoué.
 

Quels conseils donneriez-vous aux futurs papas ?

Présence, temps, bienveillance et amour envers sa compagne est la première chose essentielle à donner en tant que père. La présence autour de l’enfant est aussi très importante, et ça commence avec le toucher à travers le ventre pendant la grossesse. Affirmer sa place de père dans la société est aussi primordial. Par exemple, lorsque j’allais chercher mes enfants à la crèche, on me disait souvent : « Vous direz à la maman qu’il a bien mangé aujourd’hui et que la sieste s’est bien passée. » Je répondais que j’étais le père et que je pouvais prendre ces informations au même titre que la mère.

* First Editions (2021)
 

 

 
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