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22 Novembre 2016

Education bienveillante : le point de vue de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire (Oveo)

Education
Toute la semaine, Vies de famille donne la parole aux organisateurs du concours de dessin sur le thème de l’éducation bienveillante. Aujourd’hui, Maud Alejandro, membre de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire (Oveo) et jurée pour l’occasion.
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Vies de famille : Qu’est-ce que l’Observatoire de la violence éducative ordinaire ?

Maud Alejandro : Observatoire indépendant fondé en 2005, l’Oveo est l’association de référence en France sur la violence éducative ordinaire, grâce aux ressources mises à disposition du public sur le site Internet, qui reçoit plus de 300 000 visiteurs par an. Nous recensons les études du monde entier sur le sujet, les traduisons et les communiquons.
Notre objectif est de faire prendre conscience aux citoyens, aux institutions et aux élus des méfaits de cette violence.

Qu’appelle-t-on « la violence éducative ordinaire » (Veo) ?

La Veo concerne les trois types de violence : physique (taper, pincer, douche froide), verbale (insultes, cris) et psychologique (chantage, comparaison avec les autres enfants, menaces, retrait d’amour…).
Ces méthodes coercitives sont considérées par beaucoup comme « normales » car elles sont pratiquées dans le but de « bien éduquer » l’enfant. Les parents pensent bien faire.

Vous dites que la violence éducative ordinaire est comme un iceberg…

Oui. La partie visible de l’iceberg, c’est la maltraitance que la société juge anormale. La ligne de démarcation est variable. Sous l’eau, il y a la partie invisible : donner une fessée, tirer l’oreille… Ce sont des violences physiques qui peuvent paraître anodines à certains. Mais elles sont humiliantes et ne respectent pas l’intégrité physique de l’enfant.
La Veo est pour l’Oveo la racine de la violence humaine. Les trois quarts des victimes de maltraitance sont issues d’un contexte de violence ordinaire, qui peut dégénérer, aboutir à une mauvaise chute… Les parents ne pensent pas que cela peut aller aussi loin. Pourtant, chaque année en France, 700 enfants en meurent.

Que démontrent les études ?

Une étude américaine* de 50 années de recherche concernant 160 000 enfants démontre qu’aucun des moyens coercitifs n’améliore le comportement des enfants. Au contraire, cela engendre un comportement antisocial, de l’agressivité, des maladies, du stress, de l’obésité, de l’eczéma, des dépressions…
Cinquante pays dans le monde ont voté l’abolition des châtiments corporels. On constate qu’il y a moins d’enfants placés ou qui ont recours aux drogues dans ces pays. Quand une loi stipule que les punitions corporelles et violences psychologiques faites aux enfants sont interdites, le niveau de violence baisse, grâce à la prise de conscience qui en découle.
Il faut également des mesures d’accompagnement : des ateliers pour les parents, des informations dans le carnet de santé… Si on ne dit pas que c’est interdit, la baisse de la violence n’est pas aussi significative. Nous pouvons prendre le chemin d’une autre société, où parents et enfants vivront plus en harmonie.

* Dr Elizabeth Gershoff, avril 2016

Mots clés : éducation , enfants , Famille , parent