La Chronique


19 Septembre 2017

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Pour une éducation bienveillante 

 

Etre bienveillant, c’est d’abord comprendre que l’enfant petit ne peut pas gérer ses émotions

Etre bienveillant c’est comprendre que l’enfant jusqu’à 6-7 ans a un cerveau très immature et qu’il ne peut pas gérer ses émotions et impulsions. Lorsqu’il est en proie à de grosses colères, des paniques, des pleurs, qu’il tape, mord, il ne le fait pas exprès pour « embêter » ses parents… C’est aussi comprendre que lorsqu’il est en proie à ces tempêtes émotionnelles, c’est très désagréable pour lui, il souffre véritablement. 

Etre bienveillant, c’est l’apaiser, l’aider à mettre des mots sur ses émotions

Comprendre l’enfant, permet d’avoir sur lui un autre regard, d’avoir de la compassion pour lui. Au lieu de le punir ou de lui dire « Arrête ton cinéma », « Va faire ta colère ailleurs », l’adulte l’apaise avec des gestes tendres, un ton de voix calme, et un regard bienveillant, puis l’aide à mettre des mots sur ses émotions : « Es-tu en colère ? Triste ? As-tu peur ? ». Il est extraordinaire de savoir que cette attitude permet à son cerveau de maturer  progressivement.

Etre bienveillant ne veut pas dire laisser tout faire, être laxiste 

Avoir cette attitude ne veut pas dire qu’on cède, qu’on le laisse tout faire ! Non ! Quand l’enfant tape, mord, jette ses jouets, on lui dit non, bien entendu : « Non, on ne mord pas ». Cela suffit, ne pas en dire plus. Ensuite l’encourager : « Je te fais confiance, en grandissant, tu vas apprendre à ne plus mordre. » Si on lui dit : «  Tu n’est pas gentil », « Ce n’est pas bien, », on dévalorise l’enfant. Or, toute humiliation verbale, physique, empêche le cerveau de l’enfant de bien se développer. 

Etre parents est difficile car il faut des trésors de patience

En effet, le cerveau qui  permet à l’enfant de faire face à ses émotions met plusieurs années à maturer et il ne se développe bien que si les adultes ont cette attitude bienveillante, c’est-à-dire de compréhension et d’encouragement. Si les adultes punissent, dévalorisent, l’enfant continuera à avoir des tempêtes émotionnelles, à crier, taper à un âge où il ne devrait plus le faire c’est-à dire vers 7 ans.

Pour finir, n’oublions pas que les enfants nous imitent

Si nous crions, les enfants crient. Si nous humilions, les enfants vont humilier leurs frères et sœurs, leurs camarades. Si nous les tapons, ils vont faire de même. Et oui ! Nous sommes de puissants modèles…

Et si c’est trop difficile, demandons de l’aide… dans des ateliers de parents, par exemple, où l’on apprend beaucoup.

Découvrir l’éducation bienveillante avec l’émission Vies de famille


Catherine Gueguen, pédiatre spécialiste de l’éducation bienveillante et de la communication non violente

La Lettre donne la parole à un acteur du domaine social, les propos tenus n'engagent pas les Allocations Familiales.

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