Attentats : « C’est expliquer l’inexplicable à son enfant ! »


09 Septembre 2017


Education
Dans le contexte international actuel, le terrorisme est un sujet dont il faut parler. Avec les plus petits, ce n’est pas chose facile. Rencontre avec Gisèle George, pédopsychiatre à Paris et auteure de livres sur l’enfance.
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Vies de Famille : Comment parle-t-on d’un attentat à son enfant ?
Gisèle George : C’est expliquer l’inexplicable ! Beaucoup de parents appréhendent ce sujet et essaient de surprotéger leur enfant en leur disant de ne pas s’en faire. C’est un peu la même problématique que le « Est-ce qu’on va mourir un jour, maman ? » Contrairement aux idées reçues, les enfants acceptent ce qu’on leur dit. Ils ne cherchent pas une explication élaborée. L’important est de partager leurs émotions.

De fait, il faut pouvoir leur dire la vérité, leur dire qu’il s’agit d’un acte incompréhensible et profondément affreux, commis par un être qui n’aime pas les êtres humains. Cela ne doit pas nous empêcher de continuer à vivre. C’est comme lorsqu’on conduit, on sait que les accidents existent, mais ce n’est pas pour autant qu’on ne prend plus la voiture.

Les parents doivent-ils faire le premier pas ?
Je pense, oui. Lorsque vous les emmenez à l’école, ils voient les unes des journaux, il y a aussi les minutes de silence dans les écoles, les réseaux sociaux pour les plus grands. On ne peut pas protéger nos enfants de tout, car ils l’entendront certainement ailleurs. Il est donc très important que les parents prennent l’initiative d’en parler.

Comment adapte-t-on son langage ? 
Les parents aimeraient trouver la formule magique qui réconforterait leur enfant, mais elle n’existe pas. Pour les 4-6 ans, c’est presque plus facile. A cet âge, l’enfant est bercé d’histoires et de contes de fées. Il ne lui est pas très difficile de parler de supers méchants. Pour les enfants de plus de 7 ans et les adolescents, il faut les entendre dans toutes les situations possibles, qu’il s’agisse d’une peur, d’une angoisse, d’un problème personnel, ou d’une inquiétude.

Que doit-on faire si un enfant a été victime ou témoin ?
Si l’enfant commence à développer des angoisses ou s’il a malheureusement été témoin ou victime d’un attentat, il doit se faire aider par un professionnel. Contrairement aux parents, le professionnel a cette objectivité qui lui permet de recueillir les informations plus facilement. En ce qui me concerne, j’essaie d’être objective tout en essayant de prendre en compte l’histoire des parents et ce qu’ils souhaitent transmettre à leur enfant.
 
Mots clés : éducation , enfants , parent , sécurité , violences

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